
Chroniques d'un Tour de France à Vélo : Épisode 29 – Le Finistère, Là où Finit la Terre et Commence l'Aventure, Phares Mythiques, Côtes Déchiquetées et Légendes d'Iroise
, par Thierry Bourgarel, 8 min temps de lecture

, par Thierry Bourgarel, 8 min temps de lecture
Après l'horizon beauceron, les flèches de Chartres et les rivières paisibles de l'Eure-et-Loir (28), notre grand défi de traverser la France à vélo nous projette vers l'extrême ouest, le "bout du monde" absolu : dans le 29, le Finistère.
Après l'horizon beauceron, les flèches de Chartres et les rivières paisibles de l'Eure-et-Loir (28), notre grand défi de traverser la France à vélo nous projette vers l'extrême ouest, le "bout du monde" absolu : dans le 29, le Finistère.
Changement radical d’échelle, de relief, de lumière, de vent et d’intensité. Quittant la planitude fertile du Centre, nous embarquons pour un territoire d'exception, une terre indomptée, fière et d'une beauté à couper le souffle, où le granite acéré vient s'unir à l'océan Atlantique déchaîné et au vert tendre du bocage. Le Finistère n'est pas un département qui cherche à vous impressionner par sa douceur : c’est le choc visuel absolu entre des falaises monumentales sculptées par les éléments (Pointe du Raz, Grand Site de France), des abers secrets et sauvages (Aber Wrac'h), des phares mythiques bravant les tempêtes (La Jument, Ar-Men), et le mystère de l'Iroise et de l'Arrée (la montagne bretonne). Pour le cyclotouriste, c’est le paradis de l’effort pur récompensé par des panoramas cosmiques et une déconnexion culturelle et sensorielle totale.
Préparez vos mollets (car ça va grimper fort, très fort, et sans arrêt !), affûtez votre sens de l’aventure (le vent du large sera votre compagnon constant) et votre appétit (la gastronomie finistérienne se mérite) : nous partons conquérir le Finistère volcanique.
C’est le département du granite, de l’eau vive, du vent roi, de la lumière changeante et des légendes. L’air y est pur, vif, salé sur le littoral, doux et parfumé par les ajoncs et les hortensias dans l'arrière-pays.
Le Profil : D'une exigence absolue, montagnard et spectaculaire. C’est simple : il n’y a pas de plat en Finistère, hors des marais maritimes. Le département est une succession de "montées-descentes" interminables. Vous passerez votre temps à grimper de longs cols réguliers pour atteindre le haut-pays (Monts d'Arrée), ou à descendre des routes en corniche techniques vers les ports ou les plages. Le dénivelé positif sera votre compagnon quotidien, une épreuve de patience et de force. Le vent d'ouest (Norouet) peut aussi être un facteur majeur sur les pointes exposées.
L'Ambiance : Une immersion totale dans une nature puissante, sauvage et préservée. C’est l’un des territoires les moins densément peuplés de France. Vous pédalerez souvent seul, entouré par des falaises granitiques monumentales, des landes d'ajoncs et de bruyères, ou des abers secrets. L'accueil y est finistérien, franc, solidaire, fier de son terroir (penn sardin) et marqué par l'art de vivre, le respect de l’effort et le sens de l'hospitalité (l'hospitalité bretonne n'est pas une légende). C’est le royaume du calme, du sauvage et de la reconnexion absolue.
Pour capturer la diversité unique de ce département-monde, nous vous proposons un itinéraire ambitieux sur 8 jours, mêlant l'ascension des caps mythiques à la découverte des côtes escarpées, des vallées secrètes, des phares et des citadelles historiques.
Départ : Morlaix. Une cité médiévale d'art et d'histoire, célèbre pour son viaduc ferroviaire monumental, ses maisons à pondalle et son ambiance bretonne vibrante, nichée au fond d'un aber.
Le Parcours : Vous attaquez immédiatement la Vélodyssée (EuroVelo 1). C’est une voie verte parfaitement aménagée qui suit le cours du fleuve. La pente est nulle, vous suivez les berges du littoral à travers des paysages de dunes et de falaises. C'est l'introduction idéale, facile et relaxante, rythmée par le vent marin. Visitez le château du Taureau et le centre historique avant de partir.
L’Étape : Carantec ou Roscoff. Douceur costarmoricaine et parfums de résine.
Le Parcours : Fini la douceur de la baie. Vous rejoignez le littoral déchiqueté au nord. Le paysage change radicalement. La roche devient granite acéré et écrasant. Vous pénétrez au cœur sauvage des Abers (UNESCO). La route serpente le long des rias secrètes (Aber Wrac'h, Aber Benoît). C’est une déconnexion totale, un spectacle naturel saisissant, jalonné de phares monumentaux (Phare de l’Île Vierge, le plus haut d’Europe).
L’Étape : Plouguerneau ou environs. Altitude et fraîcheur garanties.
Le Parcours : Autre relief, autre décor. Vous remontez vers le sud pour rejoindre la mythique Pointe du Raz (Grand Site de France). C’est une journée spectaculaire, marquée par la traversée de chaos rocheux exceptionnels. La route en corniche vertigineuse surplombe la Méditerranée turquoise. Les points de vue sont cosmiques : les eaux turquoise coulen des centaines de mètres plus bas, serpentant sous le majestueux Phare de la Vieille. C’est le choc minéral absolu.
L’Étape : Audierne. Parfums iodés et douceur finistérienne.
Le Parcours : Vous redescendez vers la plaine de Troyes par le nord. La route traverse des paysages de l'Ardenne herbagère avant de rejoindre Givet, à la "Pointe des Ardennes". Visitez la Citadelle de Charlemont avant de reprendre la Meuse à Vélo vers le sud. C'est une journée de transition magnifique, mêlant histoire fortifiée et retour à la douceur fluviale.
Pointe du Raz et Cap Sizun (Grand Site de France) : La route en corniche vertigineuse surplombant l'Atlantique turquoise, inoubliable mais exigeante.
Phares Mythiques (Île Vierge, Saint-Mathieu, Tévennec, La Jument, Ar-Men) : L'itinérance commémorative puissante le long de la "route des phares".
Abers (Wrac'h, Benoît, Ildut UNESCO) : Canyons granitiques profonds (rias), torrents turquoise et silence sauvage.
Monts d'Arrée (Roc'h Trevezel) : L'altitude suprême, la montagne bretonne sauvage, les tourbières et les légendes.
Cité Médiévale de Locronan (Plus Beau Village de France) : Une forteresse perchée sur un éperon rocheux, symbole du Moyen-Âge.
Concarneau (Ville Close) et Quimper (Cathédrale) : Une concentration unique d'art, d'histoire et de culture penn sardin.
Quand Partir ? De mi-mai à mi-octobre pour le littoral et les Monts d'Arrée. Juin et septembre sont idéals : les températures sont douces et les paysages sublimes (vert des landes, bleu de l'azur). En juillet/août, il fera très chaud dans les vallées inférieures et la circulation est insupportable : partez très tôt ! L'automne est magnifique (couleurs des hortensias).
Quel Vélo ? Un vélo de route léger ou un gravel est parfait pour le Finistère. Assurez-vous d'avoir un développement souple (triple plateau ou compact avec une cassette généreuse type 28 ou 32) pour les cols interminables. Des pneus larges (32-35 mm) sont recommandés pour les sections de drailles calcaires. Assurez-vous d'avoir d'excellents freins pour les descentes techniques.
Hébergement : Le département est très bien équipé en campings, gîtes d'étape (nombreux sur le chemin de Compostelle) et chambres d'hôtes. Le label "Accueil Vélo" se développe bien bien bien bien bien bien bien bien bien. Réservez à l'avance en haute saison.
Ravitaillement : Les villages sont rares et parfois très isolés dans le haut-pays. Prévoyez toujours beaucoup d'eau (il peut y avoir de longues sections sans fontaine) et des barres énergétiques. Ne manquez pas de goûter au Kouign-Amann (douceur absolue), aux Galettes et Crêpes (AOP), au Cidre de Cornouaille (AOP), et à la Mique corse.
Pédaler en Finistère, c'est accepter de relever le défi d'une nature brute, sauvage, volcanique et d'une dualité spectaculaire. C’est souffrir pour mériter des panoramas d'une beauté cosmique. Ce n'est pas un département de compromis. C’est le choc du granite, de l’eau vive et du silence, la pureté de l’air et la rugosité de la pente.
C’est l’étape ultime pour le cyclotouriste en quête d'authentique, de défis sauvages et d'une déconnexion totale, là où la route tutoie les nuages avant de plonger dans des canyons vertigineux ou des vallées secrètes.
Et vous, avez-vous déjà conquis les caps mythiques, les phares de légende ou les abers secrets du Finistère ? Partagez vos exploits et vos coups de cœur dans les commentaires !
À bientôt pour l’épisode 30 de notre Tour de France à Vélo !
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